BASSINS D’EMPLOI ET BASSINS DE MAIN D’ŒUVRE :

Les distinguer sans les confondre

Dans cette période où est mise en débat la redistribution des pouvoirs entre différents échelons territoriaux (loi sur la Décentralisation, an III), ce texte vise à clarifier les définitions des territoires locaux déterminés par des critères socio-économiques. En effet, on confond très souvent la « zone d’emploi» qui est un découpage administratif et un échelon statistique défini par l’INSEE et le « bassin d’emploi» qui est une aire d’influence économique. Par ailleurs, on oublie toujours la ressource « main-d’œuvre» de ces territoires, en négligeant ce qu’on appelle le «bassin de main-d’œuvre», concept méconnu qui fonctionne en couple avec le bassin d’emploi, dans une relation à la fois complémentaire et antagoniste. Examiner le fonctionnement d’un bassin d’emploi et des activités économiques qui le composent, en occultant systématiquement la question des travailleurs qui produisent ces richesses, consiste à adopter le seul point de vue des entreprises. Une pensée unique du fonctionnement du territoire, qui renvoie à la question centrale non résolue de reconnaître enfin un « pôle citoyen », en dialogue d’égal à égal avec le « pôle économique » local.

I. UN BASSIN d’EMPLOI, C’EST L’AIRE D’ATTRACTION d’un POLE D’EMPLOI

Celui-ci, même si sa définition génère confusions et approximations, est supposé connu. Bon nombre de spécialistes y font régulièrement référence, médias et grand public utilisent couramment le terme, comme s’il s’agissait d’une évidence. Et pourtant ce n’est pas si simple. Même l’INSEE se trompe dans sa définition, puisqu’il est indiqué « un bassin d’emploi est un espace géographique où la majeure partie de la population habite et travaille ». Or, justement, un bassin d’emploi peut parfaitement déterminer un territoire très différent du « bassin de vie », là où la plupart des habitants habitent, travaillent et trouvent l’essentiel des fonctions nécessaires à leur « vie » (sous-entendu «quotidienne »), comme par exemple la présence d’activités artisanales ou commerciales, d’équipements locaux (enseignement, culture, sport, loisirs) ou d’administrations publiques, etc… Généralement le bassin de vie est déterminé par des relations de proximité, à caractère plutôt « choisi » (les habitants décident le plus souvent de fréquenter tel ou tel service ou commerce, équipement de loisirs…) Tandis que le bassin d’emploi est structuré par des liaisons domicile-travail qui sont le plus souvent à caractère « contraint » (les actifs n’ayant guère le choix de leur employeur, ni de leur mode de transport) et qui engendrent des distances-temps qui peuvent être deux ou trois fois supérieures aux déplacements effectués dans le bassin de vie.

Contrairement à ce qui est affirmé par l’INSEE dans sa définition erronée et comme aurait pu le suggérer M. de LA PALICE, c’est le critère « EMPLOI » qui détermine un « bassin d’emploi»! Et non un autre critère comme l’habitat (qui génère un « bassin d’habitat »), le travail (qui détermine un bassin de main-d’œuvre) ou une pluralité d’équipements et de services (bassin de vie)… En effet, pour qu’un territoire local soit structuré par l’EMPLOI, il faut qu’il y ait une concentration d’«employeurs » en nombre suffisant pour générer une attraction positive sur un certain nombre d’«employés » (au sens contractuel du terme, reliés par un lien de subordination à ces employeurs) et que les flux déterminent un périmètre d’attractions significatives sur l’espace environnant.

Cette « concentration d’employeurs » constitue ce qu’on appelle un « PÔLE D’EMPLOI ». Comment reconnaître celui-ci ? A un nombre important d’actifs « entrants » (travailleurs attirés par cette concentration d’entreprises, qui – chaque jour œuvré – viennent sur le territoire pour y occuper leur poste). Nombre généralement supérieur à celui des actifs « sortants » (travailleurs quittant le territoire pour exercer une activité située à l’extérieur). L’ensemble de ces entrées et sorties journalières d’actifs constituent ce qu’on appelle les « migrations alternantes » ou encore « pendulaires », car les flux sont à double sens : des allers domicile-travail et des retours travail-domicile. Ce sont les flux « aller » qui permettent de caractériser les bassins d’emplois et de main-d’œuvre.

C’est pourquoi, n’en déplaise à l’INSEE, je maintiens les définitions que j’ai établies en 1992 dans mon guide méthodologique destiné aux directions des agences ANPE[1] :

  • Pôle d’emploi : concentration d’employeurs générant un bassin d’emploi ;
  • Bassin d’emploi : aire d’attraction d’un pôle d’emploi.

Deux mots-clés essentiels caractérisent un BASSIN d’EMPLOI : une CONCENTRATION d’emplois qui génère une ATTRACTION.

Les déplacements « aller » d’actifs convergent vers le pôle d’emploi, les flux sont à caractère CENTRIPETE : les flèches vont vers le cœur du territoire.

Cette polarisation d’emplois détermine une aire d’influence, en fonction des possibilités d’accès au pôle et notamment de la configuration géographique du territoire (fleuve, vallée, plateaux, plaine…), qui détermine à son tour le tracé des axes de transports. Exemples : les bassins d’Oyonnax ou de la vallée de l’Arve. Mais phénomène moins connu, l’aire d’influence dépend aussi des caractéristiques de ces emplois. Plus les emplois sont spécialisés sur quelques filières (par exemple les « clusters »), plus l’aire d’influence est étendue pour pouvoir trouver la main-d’œuvre adéquate.

Par contre, un pôle d’emplois qui concentre beaucoup d’activités dites « supérieures » (fonctions de commandement et de décision, de gestion, banques et assurances, prestations intellectuelles, recherche et développement…) génère un bassin d’emploi beaucoup plus restreint. En effet, il recrute des cadres travaillant dans les « métiers d’affaires », dont l’habitat est fortement concentré sur des espaces résidentiels privilégiés, à proximité des centres de décision des entreprises et notamment des sièges sociaux, là où se localisent la fonction « gouvernance » des sociétés : services financiers, directions administratives, techniques et commerciales… Le meilleur exemple est le pôle de la Défense « élargie » (le cœur de pôle correspond aux 3 communes de Nanterre / Puteaux / Courbevoie et par extension s’élargit à Rueil-Malmaison, Levallois-Perret, Neuilly, voire Suresnes), dont les cadres habitent les beaux quartiers de l’Ouest et du Sud parisien, et les communes bourgeoises de Neuilly, Puteaux, Saint-Cloud, le Pecq, Chatou, Rueil-Malmaison ou plus loin le bassin de Saint-Germain-en-Laye.

A l’inverse, le pôle de Roissy fonctionne en « repoussoir » pour la main-d’œuvre qualifiée. Il génère de telles nuisances de bruit, que ses cadres préfèrent habiter un environnement plus agréable, dans l’Oise aux abords de la forêt de Chantilly, dans la vallée de la Goëlle au Nord seine-et-marnais, ou carrément au Sud de Paris, dans la vallée de Chevreuse ou le bassin de Saint-Germain-en-Laye. Ainsi, seules des populations pauvres et de faible niveau de formation habitent dans le périmètre de l’aéroport et ne peuvent donc pas constituer le réservoir de main-d’œuvre spécialisée dont les activités ont besoin. C’est pourquoi le pôle de Roissy génère des flux diffus provenant d’une zone géographique immense qui ne cesse de s’étaler en tache d’huile, au fur et à mesure que la zone aéroportuaire se développe. On ne peut guère dessiner avec précision cette aire d’influence, si diffuse qu’elle couvrirait toute l’Ile de France et la moitié de la Picardie. L’INSEE qui a redéfini récemment la zone d’emploi rebaptisée d’ailleurs « Roissy-Sud Picardie » recense 393 communes dans son périmètre. C’est pourquoi je considère le pôle de Roissy comme un « cas limite» et j’aurais plutôt tendance à le considérer comme un « pôle d’activités » plutôt qu’un pôle d’emploi, puisqu’il concentre un grand nombre d’activités qui n’opèrent pas de structuration véritable sur leur territoire environnant : la commune la plus « impactée » par le pôle de Roissy (Goussainville) possède moins de 10% de sa main-d’œuvre qui y travaille… Et il n’y a que 3 communes sur 293 de la zone d’emploi de Roissy-Sud Picardie qui ont plus de 40% de leurs actifs qui œuvrent sur le pôle (3 petites communes de 60 à 2600 habitants). L’aire d’influence générée par le pôle n’est donc pas à proprement parler un « bassin d’emploi » qui suppose une certaine intensité de flux dans son périmètre de proximité (ce que J.L. HUSSON et moi-même avons appelée « aire directe»). A l’inverse, le pôle détermine une aire diffuse gigantesque qui se dilue peu à peu et chevauche des bassins d’emplois plus locaux. Cette zone d’« influence faible » se superpose en Seine-Saint-Denis au territoire généré par le pôle d’emploi «historique» qu’est Aulnay-sous-bois, ville de 82000 habitants au passé industriel florissant (PSA, l’Oréal…) et qui continue – en sous-jacence au pôle de Roissy – à exercer son influence sur un bassin d’emploi local d’une certaine densité, malgré une grave crise de désindustrialisation qui affecte le pôle lui-même et son aire directe ( Blanc-Mesnil, Drancy, Sevran… )

Les premiers travaux sur les bassins d’emplois remontent en France aux années 1970 et ont été conduits par des chercheurs autour de Michel DESTEFANIS du « Centre d’Etudes de l’Emploi » (CEE) un laboratoire qui regroupe les activités de recherche du Ministère qui s’est appelé pendant longtemps « du Travail et de l’Emploi » et qui, au gré des remaniements ministériels, a perdu l’un ou l’autre des deux termes[2]. A ma connaissance, la première analyse d’un territoire structuré par le marché de l’emploi a été conduite sur le bassin d’Annecy et a donné lieu en 1974 à une publication des Cahiers du CEE : « Le fonctionnement d’un marché du travail local ». Elle fut suivie par d’autres travaux sur le bassin d’emploi de Compiègne, avec Michel DESTEFANIS, Angelina BRYGOO, Laurence FOUCHER et François BRUN. Signalons notamment l’article « Mobilité d’emploi et structuration du marché du travail » écrit par les deux premiers auteurs. A l’époque, on s’intéressait peu aux migrations alternantes de travailleurs (les déplacements étaient courts, l’énergie peu coûteuse), mais bien plutôt au fonctionnement interne d’un « marché du travail local » : l’offre d’emploi sur un territoire, déclinée par activités économiques ; la mobilité interne des actifs entre entreprises d’un même bassin ; mais surtout les parcours professionnels des travailleurs se traduisant sur la durée par des « flux entre emplois », déterminant des positions de promotion, de stabilité ou de précarité avec une plus ou moins grande porosité entre différents postes de travail et entreprises.

 

 II. Un BASSIN de MAIN-d’ŒUVRE, c’est l’aire de diffusion d’un pôle de main-d’œuvre

Ce concept est beaucoup plus rarement utilisé, à la différence de celui de « Bassin d’Emploi» et n’a pas du tout connu le même succès. Sans doute parce que l’Emploi est survalorisé par rapport à la Main-d’œuvre, censée avoir à s’adapter à l’offre des entreprises. Décalage qui n’a cessé de s’aggraver avec la montée du chômage et qui accrédite l’idée que dans la «mise en relation » employeur/travailleur, c’est à ce dernier de faire tout l’effort. Le thème n’a pas non plus intéressé les chercheurs, à l’exception de ceux du Centre d’Etudes de l’Emploi (qui ont d’ailleurs sous-titré leur première publication sur le territoire d’Annecy « le bassin de main-d’œuvre d’Annecy[3]»). Et au niveau des institutions s’occupant d’emploi et de développement économique, seul le Service Public de l’Emploi (l’ANPE devenue Pôle Emploi) utilisait la notion de «main-d’œuvre » de façon symétrique à celle d’emploi. Sans doute parce que le critère principal de performance de l’Agence (et notamment la fonction même des anciens CRE = « chargés de relation entreprises ») était la « mise en relation » entre un demandeur et un employeur. Entre un offreur d’Emploi et un offreur de Travail.

Après avoir animé pendant des années pour la Direction Générale de l’ANPE des modules de formation sur les « politiques territoriales de l’emploi » à destination des cadres et directeurs d’agences, j’ai eu la charge de réaliser un guide pour les dirigeants des Agences Locales, intitulé «Monter un Plan d’Action pour l’Emploi 1». Je me suis évidemment appuyée sur les travaux du Centre d’Etudes pour l’Emploi et notamment de ceux de Michel DESTEFANIS, d’ailleurs mis à disposition à cette époque auprès de la Direction de l’ANPE qui avait créé en interne un service chargé des questions territoriales. Pour mettre au point ma méthodologie, j’ai oeuvré avec les principaux centres de formation de l’Agence (Lille, Strasbourg, Toulouse, Lyon et bien sûr au siège à Marne-la-vallée) et avec des unités locales-tests de ces différentes régions. Ce travail s’est traduit par la réalisation d’un jeu pédagogique tenant dans deux valises[4] (du stagiaire et de l’animateur) qui durait 5 jours et qui fournissait suivant un processus de pas-à-pas toutes les informations nécessaires permettant de décliner les phases successives du montage d’un Plan d’Action Local pour l’Emploi. Dispositif qui a été mis en place à l’époque dans chacune des ALE (Agence locale pour l’Emploi [5]) sur le territoire national. L’ensemble des documents allait de la lecture des statistiques du chômage (un fascicule de plus de 200 pages) jusqu’à la prise en compte des moyens de l’Agence.

Et bien sûr, chaque valise comprenait un fascicule permettant de déterminer ce qu’on appelait à l’époque le « territoire pertinent », en fonction d’un certain nombre de critères, dont le bassin d’emploi et le bassin de main-d’œuvre. Les définitions, validées par le comité de pilotage de ma mission, étaient les suivantes :

  • Pôle de main-d’œuvre, concentration de travailleurs sur un territoire local ;
  • Bassin de main-d’œuvre, aire de diffusion d’un pôle de main-d’œuvre.

 Cette fois, les deux mots-clés stratégiques pour un territoire structuré par la main-d’œuvre sont :

 une CONCENTRATION d’actifs qui génère une DIFFUSION.

 Les flux d’actifs divergent depuis le pôle de main-d’œuvre, ils se reconnaissent à leur caractère CENTRIFUGE. Les travailleurs ont pour destination les pôles d’emplois extérieurs situés dans l’environnement proche.

Précisons que pour mesurer l’importance du pôle de main-d’œuvre, il faut prendre en compte la totalité des actifs, y compris à la recherche d’un emploi, puisque nous tentons d’évaluer l’ensemble des «ressources humaines locales », y compris disponibles. Mais pour étudier les échanges domicile-travail et déterminer le bassin de main-d’œuvre, l’analyse ne peut évidemment porter que sur les actifs ayant un emploi, les seuls à effectuer des liaisons domicile-travail. Parmi ces déplacements, il y a une part « de flux sur place », à l’intérieur de la commune de résidence, ou du pôle s’il est composé de plusieurs communes. Les « actifs sur place » du bassin de main-d’œuvre correspondent aux «emplois sur place » du bassin d’emploi. Ils représentent l’«aire de recoupement » des deux bassins, l’espace commun entre le système Emploi et le système Travail au niveau local.

Le bassin de main-d’œuvre est généralement de plus grande taille que le bassin d’emploi. Parce que les bassins d’habitat sans emplois se trouvent plutôt en périphérie des agglomérations ou en zone rurale. Les migrants viennent souvent de loin et consentent à de longs déplacements. En Picardie, par exemple, les actifs recensés en 2008 effectuent en moyenne un trajet aller de 21 kms, contre 15 en moyenne française.

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On trouvera ci-après deux exemples anciens (recensement de 1990) de bassins d’emploi et de main-d’œuvre en Ile de France, région sur laquelle je me suis fortement spécialisée en raison de la complexité de son fonctionnement territorial :

un premier tandem, La Courneuve (93), essentiellement composé d’ouvriers et d’employés, avec :

* un pôle d’emploi attirant les communes ouvrières d’alentours, déterminant un bassin d’emploi de proximité de forme circulaire ;

* un pôle de main-d’œuvre attiré par le pôle d’emploi de rang supérieur de Saint-Denis (communes de Saint-Denis, Saint-Ouen et Aubervilliers) et par Paris-Nord, soit un bassin de main-d’œuvre diffusant ses actifs vers le Sud;

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un deuxième ensemble, Rueil-Malmaison (92), composé de cadres moyens et supérieurs, avec :

* un pôle d’emplois attirant les actifs du Sud 92 et des communes aisées du 78 ;

* un pôle de main-d’œuvre diffusant ses cadres vers le « pôle d’emplois supérieurs», que constituent la Défense et le Quartier Central d’Affaires parisien – dit QCA- (16e, 17e, 8e, 9e, 1er et 2e) qui concentre les activités de banques-assurances, conseil, publicité, prestations juridiques,   comptables, de ressources humaines, etc…

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Ces deux cas permettent à la fois d’identifier les flux locaux interbanlieues, mais aussi de montrer la grande spécialisation des arrondissements parisiens qui structurent fortement le territoire métropolitain[6].

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[1] J. LORTHIOIS, Méthodologie de plan d’action local pour l’emploi, outil pédagogique pour la Direction Générale de l’ANPE, ASDIC, valise du stagiaire; valise de l’animateur, 19 fascicules, 604 pages, cartes, transparents, 1992.

[2]Sans vouloir faire de polémique, remarquons que la première fois que le mot « Travail » a disparu du titre du Ministère, c’était sous le gouvernement POMPIDOU où Jacques CHIRAC était Secrétaire d’Etat chargé des «Problèmes de l’Emploi » de 67 à Mai 68 !! A l’époque, les questions d’emploi étaient donc réduites à ses « problèmes » et ne méritaient pas un ministre de plein exercice. Il n’y avait apparemment pas de problèmes de « Travail », seulement un ministère global des « Affaires sociales ». C’est ainsi qu’en Mai 68, les accords de « Grenelle » dont on s’accorde à considérer qu’ils ont été pour les travailleurs les plus importants de l’histoire de la 5ème République ont été conduits… sans ministre du Travail…

[3]Par Michel DESTEFANIS et A.M. VASSEUR. Cahier du Centre d’Etudes de l’emploi n° 5, P.U.F., 1974.

[4] De 18 fascicules chacun, occupant un bon mètre dans ma bibliothèque !

[5]Je crois me souvenir qu’en 1990, il y en avait plus de 700, aujourd’hui plus de 800.

[6]J’avais déterminé pour le guide ANPE sept pôles d’emplois distincts dans Paris, qu’il conviendrait de réactualiser.